Comment j’ai décidé de marquer mes 60 ans

En 2016, j’ai 60 ans et je veux pour marquer ce moment de ma vie, faire quelque chose de différent et de marquant pour moi.  Lucie me parle depuis quelques mois de faire Compostelle. Comme je ne suis pas tellement sportive,  faire le Chemin est le défi, le dépassement qu’il me faut.   Nous ferons donc la portion française et la portion espagnole en cinq ans ou jusqu’à mes 65 ans, ce qui veut dire un total de plus de 1500 kilomètres.

Comme ma fille attends un bébé début septembre, nous fixons la date de départ au 19 septembre.

Faire face à mes peurs

Quelques jours avant mon départ, je suis dans tous mes états, ma pression est plus élevée qu’à l’accoutumée, j’essaie de rejoindre mon médecin, et même si je le rejoignais, partir pour Compostelle avec des nouveaux médicaments, est-ce bien sécuritaire?  Je le sais depuis un moment que ma pression varie, pourquoi je ne m’en suis pas occupée plus tôt?  J’essaie de prendre le moins possible de médicaments mais me mettre la tête dans le sable n’est pas non plus une bonne stratégie.

J’aurais dû plus m’entraîner aussi, je ne suis pas assez en forme et Denis qui regarde les dénivellations des premières journées me dit :  « As-tu réalisée que tu vas monter près de 1km en quelques jours? »  Denis c’est mon mari et ça y est,  j’ai peur, j’ai vraiment peur.

Ok, j’annule mon voyage, trop risquée, ma pression est pas bonne, je ne me suis pas assez entraînée, je ne serai jamais capable.  Mais non, je ne peux pas faire ça, je me suis engagée avec Lucie et si j’y vais pas, je la laisse tomber et elle va se retrouver seule là-bas.  Ok, j’y vais, je ne suis pas seule, il y a des médecins en France, et sûrement des taxis si je ne suis pas capable de faire tout le chemin.

Il faut dire qu’en mai 2015, j’ai fait le « Chemin des Outaouais » 12 jours de marche et j’ai eu mal aux pieds et aux jambes tous les jours.

Voilà l’état d’esprit avec lequel je suis partie pour Compostelle le 19 septembre 2016.

Faire face au Chemin

Le jour du départ de Puy en Velay, ça monte, ça monte beaucoup et je suis essoufflée, je dois m’arrêter très souvent, je me sens lourde et en plus, je porte mon sac à dos que je trouve lourd.  Par contre le paysage est magnifique et le chemin bien qu’abrupte se fait facilement.

Les deux journées suivantes sont difficiles, nous alternons et enchainons les montées et les descentes et vers la fin de la troisième journée, je me retrouve découragée et fatiguée.  Nous croisons alors une petite chapelle, je m’y réfugie et pendant quelques minutes, j’essaie de reprendre mes forces.  Je m’intériorise et médite quelques instants.  Et graduellement je sens mes forces revenir et je termine ma journée sans problème.

À chaque fin de journée, j’ai les jambes fatiguées mais je n’ai pas les douleurs continuelles aux pieds et aux jambes que j’avais eu lors du Chemin des Outaouais.  Et chaque matin lorsque je reprends la route, ça va bien.

M’enfoncer dans la noirceur

Le 4e jour, je ne suis pas bien, le chemin est long, j’ai de la difficulté à avancer, je dis à Lucie d’avancer à son rythme car je suis incapable de prendre de la vitesse, je marche lentement même si le chemin n’est pas trop dénivelée, il n’y a personne d’autres que moi sur le chemin sombre et bordée de hauts conifères.  J’ai l’impression de m’enfoncer dans la noirceur et ce soir, je couche au domaine du Sauvage, une bâtisse en grosses pierres. Ça me semble lugubre et nous couchons pour la première fois dans un dortoir.  La chambre est humide et chaude, j’entends les ronflements, j’ai chaud, je ne suis pas bien et le sommeil ne vient pas. Au lever, j’ai le nez qui coule et je serai enrhumée une bonne partie du voyage.

Magie du chemin

Quand je voyage, je traîne toujours avec moi les mélanges d’huiles essentielles dont je pense avoir besoin.  Cette fois-ci je crois avoir apporté celui pour les douleurs musculaires, en tout cas c’était mon intention et surprise, c’est celui pour le rhume que j’ai.  Est-ce la magie du chemin?  En tout cas, c’est ce qu’il me faut.

Ce que le Chemin m’a appris

Je ne vais pas vous décrire tout mon voyage mais j’aimerais vous parler de ce que j’ai retenu.  Au bout de trois jours, je n’avais plus aucune peur pour ma pression artérielle et la marche était plus facile.  J’ai eu plus d’une fois l’impression d’aller au bout de mes ressources, que je ne serais pas capable de continuer et chaque fois, j’ai constaté que mon corps est une machine merveilleuse et qu’il a une grande capacité d’adaptation si on lui en fait la demande.

Au début de nos journées, on marche côte à côte en jasant mais ce n’est pas long que le silence s’installe.  J’admire les paysages, je prends des photos, nous traversons de magnifiques villages et quand je termine ma journée, je me sens comme si j’avais médité.  Je me sens calme, centrée et en paix.  Le mouvement répétitif de la marche m’amène en état méditatif.

L’essentiel

Nous avons choisi de porter notre sac-à-dos avec tout ce que nous avons besoin pour le voyage.  Ça nous oblige à ne traîner que l’essentiel.  Aussi, les rencontres avec les gens se font sans artifices, pas de maquillage, pas de séchoir à cheveux et seulement trois chandails, on se montre plus facilement tel que l’on est. Il y a de beaux échanges qui se font et des amitiés qui se tissent.

Et chose inattendue, à mon retour, je réalise que je n’ai plus le vertige, j’ai perdu la peur des hauteurs. Le Chemin m’a transformé à plus d’un égard et à chaque année, j’ai hâte de le retrouver.

Au moment où vous lisez ces lignes, je suis déjà sur le Chemin depuis le 4 septembre.  Vous pouvez suivre mon voyage sur mon groupe Facebook.

Francine

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